Des défaillances toujours à un niveau historique
Analyse complète des défaillances du marché au T2 2026
Le deuxième trimestre 2026 atteint 18 004 défaillances (+5 % sur un an), soit un plus haut historique pour un deuxième trimestre. Le premier semestre totalise 37 298 défaillances (+5,5 %), et plus de 70 000 sont enregistrées sur douze mois glissants.
Une autre étude confirme ce constat, avec 17 486 procédures collectives ouvertes au T2 (+5,4 %) et 37 700 entreprises défaillantes depuis janvier. Le niveau dépasse encore d’environ 40 % celui d’avant la crise sanitaire, quand les trimestres restaient sous les 13 000 défaillances. Les deux baromètres ne reposent pas sur exactement la même base de comptage, ce qui explique de légers écarts, mais le constat de fond est le même : les défaillances progressent moins vite qu’il y a un an, mais leur niveau reste bien supérieur à ce qu’il était avant la crise sanitaire, sans aucun signe de retour à la normale.
Trois facteurs clés derrière ce niveau élevé
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Une conjoncture atone
L’inflation freine la reprise de la consommation, la construction reste en difficulté et les taux d’intérêt demeurent élevés. Les entreprises manquent de visibilité pour investir et fixer leurs prix.
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Des incertitudes géopolitiques
Les tensions au Moyen-Orient font peser un risque haussier, avec un nombre de défaillances qui pourrait dépasser 70 000 sur l’ensemble de 2026.
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Des coûts d’exploitation qui pèsent sur les marges
Les difficultés actuelles ne s’expliquent plus par les effets différés de la crise sanitaire. Le remboursement des PGE et les assignations URSSAF jouent aujourd’hui un rôle bien plus limité. Chaque défaillance fragilise ensuite fournisseurs et sous-traitants, avec un effet d’entraînement sur toute la chaîne.
Petites et grandes entreprises touchées
Les entreprises de moins de trois salariés représentent 75 % des procédures, avec 13 185 défaillances (+8,3 %). Les entreprises de moins de trois ans sont aussi très exposées, avec 2 248 défaillances (+12,7 %). À l’inverse, les entreprises de 3 à 19 salariés reculent de 3,3 %.
Les grandes entreprises ne sont pas épargnées. Les entreprises défaillantes dont les données financières sont connues cumulent 38,7 Md€ de chiffre d’affaires (+17 % sur un an) et 8,6 Md€ de passif fournisseurs (+28 % sur un an, soit +70 % par rapport à la moyenne 2006-2025). Pour un assureur-crédit comme pour un courtier, ce passif fournisseurs est un indicateur clé : il mesure directement l’impact des faillites sur les créanciers.
Nombre de défaillances par type de procédure au T2 2026
- 11 591 liquidations judiciaires directes, soit 66,3 % des procédures
- 5 546 redressements judiciaires (+7,1 %)
- 349 sauvegardes, soit seulement 2 % des jugements
Deux procédures sur trois se soldent donc directement par une liquidation, ce qui laisse peu de temps aux créanciers pour réagir.
Une économie contrastée selon les secteurs d’activité
Les secteurs en forte accélération au T2 :
- Services aux entreprises : +14 %
- Commerce automobile : +14 %
- Finance, assurance et immobilier : +13 %
- Hébergement-restauration : +11 %
L’agriculture progresse de 21 %, la santé, l’action sociale et l’enseignement de 17,2 %, les services aux consommateurs de 15,7 %.
Les secteurs qui résistent mieux :
- Construction : -2 %
- Transport-entreposage : -3 %
- Commerce de gros : -2 %
- Commerce de détail : -1 %
La construction reste toutefois le premier secteur touché : elle pèse 20 % des faillites nationales, avec 14 204 défaillances sur douze mois. Le gros œuvre retrouve toutefois des couleurs, alors que les travaux publics et surtout la promotion immobilière subissent encore de fortes tensions.
Analyse régionale
Les dynamiques régionales sont plus dispersées qu’auparavant. Sur douze mois, la hausse reste quasi générale : Nouvelle-Aquitaine (+11 %), Auvergne-Rhône-Alpes (+11 %), Pays de la Loire (+8 %). L’Île-de-France (+2 %) reste la région la plus touchée, avec 23 % des faillites du pays.
Point encourageant pour notre région : la Bretagne figure parmi les six régions en repli au T2 2026 en glissement annuel, avec la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, la Corse, la Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. À l’inverse, l’Auvergne-Rhône-Alpes enregistre une hausse de 22,9 % (2 418 procédures).
Et pour la suite ?
Le second semestre 2026 pourrait compter 34 000 à 35 000 nouvelles procédures collectives, avec une baisse seulement modérée attendue en 2027, si les conditions économiques s’améliorent.
Dans ce contexte, mieux vaut piloter activement son risque client plutôt que de le subir :
- Surveiller la santé financière de vos clients avec le renseignement commercial
- Protéger votre chiffre d’affaires contre les impayés grâce à l’assurance-crédit
- Sécuriser votre trésorerie avec l’affacturage
Source : Allianz Trade et Altares